Servir et périr. Les gendarmes à Saint-Pierre

Ce texte et cette liste ont été établis dans le cadre de l’exposition temporaire Servir et Périr. Les gendarmes à Saint-Pierre présentée de mai 2023 à juin 2024 au Musée Frank A. Perret – Mémorial de la catastrophe de 1902 en partenariat avec le Musée de la gendarmerie nationale de Melun et le commandement de la gendarmerie nationale de la Martinique.

Marie Hardy-Seguette, responsable scientifique du Musée Frank A. Perret – Mémorial de la catastrophe de 1902

L’exécution de la police, du maintien de l’ordre et du respect du droit est confiée, au début de la colonie, à des milices constituées d’habitants des quartiers.

En 1763, le gouvernement tente de confier la sécurité de l’île à une force publique réglée et dédiée, avant de la rétrocéder, deux ans plus tard, aux milices, mieux implantées et connaisseuses du terrain. Successivement diminuée et augmentée, une compagnie d’archers puis de gendarmes vient compléter les effectifs. En 1802, une ordonnance forme un corps de gendarmerie à pied et à cheval purement militaire et encasernée, qui prend le nom de Gendarmerie coloniale l’année suivante. Les milices, renommées Gardes-nationales, sont réorganisées, mais jugées trop partiales, celles-ci disparaissent en 1834 remplacées par des troupes de la gendarmerie coloniale venues de métropole.

En 1900, les effectifs de la gendarmerie déployée sur le territoire martiniquais correspondent à 134 hommes (officiers, sous-officiers et gendarmes à pied ou à cheval) pour une population totale de 210 000 habitants. Saint-Pierre, ville de 28 000 habitants, compte de 19 gendarmes organisés en 4 brigades.

En avril 1902, la montagne Pelée montre un regain d’activité. Le 5 mai un lahar (coulée de boue) s’abat et détruit l’usine Guérin, faisant 30 victimes sur son passage. Les brigades de gendarmerie de Saint-Pierre assurent le service d’ordre afin de contenir l’affluence de curieux et d’éviter de nouvelles victimes. Le 8 mai 1902, à 8h01, une nuée ardente s’abat sur Saint-Pierre détruisant la ville et ses 28 000 habitants. Des 19 gendarmes, seuls deux, en déplacement, échappent à l’éruption.

Au lendemain de la catastrophe, au pied du volcan en pleine activité, les gendarmes envoyés depuis les autres communes remplissent de délicates missions : reconnaissance des ruines, incinération des cadavres, poursuites et arrestations des pillards, récupération des objets de valeur, opération de sauvetage, de ravitaillement par terre et par mer, maintien de l’ordre pendant les paniques et les distributions de vivres aux sinistrés.

Gendarmes disparus en 1902

Éruption du 8 mai 1902 à Saint-Pierre

(17 victimes)

Joseph ACHARD, 28 ans, gendarme à cheval

Victor Louis CHAUMONT, 36 ans, gendarme à pied

Pierre GAGNAIRE, 27 ans, gendarme à cheval

Jean Pierre GRIMALDI, 31 ans, brigadier à cheval

Louis GUIMON, 36 ans, gendarme à pied

Jean-Baptiste JUGUET, 34 ans, gendarme à cheval

Théodore Eugène Léonard LE PONT, 29 ans, gendarme à cheval

Louis Victor MAIRE, 45 ans, lieutenant commandant l’arrondissement de Saint-Pierre

Charles Joseph Pierre MARTIN, 31 ans, gendarme à pied

Marie Jean Baptiste MENGEL, 45 ans, gendarme à cheval

Louis MOURIÉ, 36 ans, brigadier à pied

Jean PALETTE, 31 ans, gendarme à cheval

Siméon PÈNE, 26 ans, gendarme à cheval

Jean Marie PESSEL, 31 ans, gendarme à pied

Raymond Gustave PIERSON, 32 ans, gendarme à pied

Marie Paul Adrien RICHARD, 30 ans, gendarme à cheval

Jean VALADE, 32 ans, gendarme à pied

De tous les gendarmes qui composent les quatre brigades de Saint-Pierre, seuls Jacques Pierre Lanfranchi, maréchal des logis, commandant de la première brigade de Saint-Pierre, et Louis François Donati, gendarme à pied, échappent au désastre en embarquant pour Fort-de-France le 8 mai 1902 au matin pour le transfèrement de six prisonniers.

Éruption du 30 août 1902 au Morne-Rouge

(5 victimes)

Léon Florentin ANDRÉ, 29 ans, gendarme à cheval

Jean Louis Théodore Jacques BORDENAVE-GASSEDAT, gendarme à cheval

Delphin Léon DROVIN, gendarme à cheval

Louis Xavier Joseph LONCHAMP, 30 ans, gendarme à cheval

Emile Jules MELLOT, 32 ans, brigadier à cheval

Liste dressée avec le concours d’Alex Bourdon.